Chroniques trantoriennes

08 juin 2007

Je hais la pop ! Sauf que...

ou

Esmée Denters - la Hollandaise planante

Je hais la pop suave qui envahit les radios et les rayons des disquaires. Robbie Williams et Justin Timberlake me fatiguent à longueur de tubes préfabriqués. Et je dirais même plus : j'exècre la pop latina.

Qu'y a-t-il de plus insupportable que la dernière interview télévisée de BHL ? Le dernier single de Mariah Carey, pardi ! Entendre un morceau ou voir un clip de Jennifer Lopez, de Christina Aguilera et autres Shakira me donne des envies irrépressibles de balancer des pierres sur la platine CD ou l'écran de télé.

Ces divas à deux sous ont exploré une nouvelle fosse abyssale de l'insipidité. Atteintes au dernier degré du syndrôme "Same song, different title", elles font le bonheur des maisons de disques qui capitalisent scandaleusement depuis des années sur le conformisme crasse d'une majorité de paires d'oreilles (ces mêmes maisons de disques qui versent des larmes de crocodile devant le téléchargement sur Internet et l'évolution des nouvelles technologies).

Je pensais jusqu'à hier que mes nausées étaient dues aux chansons, mièvres à souhait et capables de donner la migraine à un cheval de trait. Mais non : les responsables de ce lucratif fiasco artistique, ce sont les chanteuses elles-mêmes !

Sous des allures de haute technicienne des cordes vocales, elles donnent l'illusion de l'émotion. Mais votre dernier frisson en écoutant J-Lo, il remonte à quand ?

La question me semble légitime, car je viens de découvrir que ces niaiseries peuvent faire vibrer, quand elles sont chantées par une chanteuse de vrai talent. En l'occurrence une complète amateure hollandaise de 18 ans...


Le phénomène s'appelle Esmée Denters. Depuis des mois, la demoiselle place sur YouTube des videos de ses performances solo dans sa chambre devant sa webcam, a capela ou à son clavier.

Y a-t-il une explication rationnelle au fait que ses interprétations (dans des conditions précaires) d'effroyables partitions éveillent en moi une certaine émotion ?

Alors vous allez me dire, si elle avait le physique de Jackie Sardou ou (si vous êtes Québécois) de Ginette Reno, ça me ferait sûrement moins d'effet.

Sauf que :

1- Jennifer Lopez n'est quand même pas particulièrement désagréable à regarder. Mais la voir se trémousser dans les clips de ses daubes ont développé chez moi un réflexe conditionné dit de zapping furioso.

2- Même quand j'écoute la jeune Hollandaise en lisant une autre page Web, le charme opère toujours.

Alors quand elle chante une vraie chanson, comme The Dock of the Bay d'Otis Redding, (a capela, live et en position assise, sinon c'est trop facile !), forcément, ça dépote...

Ben oui, parce que, même niveau R'nB, la donzelle assure grave :

How come you don't call me de Alicia Keyes :


Mais encore plus frappant : la comparaison qui tue :

One in a Million chanté par Aaliyah dans un clip à 1 M$ :

et chanté live par Esmée Denters devant sa webcam :

Cherchez l'erreur !

Esmée Denters vient de signer un contrat avec la nouvelle maison de productions de Justin Timberlake. Le chanteur a d'ailleurs déclaré :
Elle chante mes chansons mieux que moi.

Je confirme. Et les faits sont implacables :

Arrêtez donc les intraveineuses de Nouvelle Star, Star Ac' ou Canadian Idol. Prenez plutôt une bouffée d'oxygène sur son site.

Une étoile est née. Et celle-là, elle n'est pas en papier glacé.

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