Chroniques trantoriennes

27 août 2007

Dis-le à tout le monde

Ne le dis à personne, le second film réalisé par Guillaume Canet, est impressionnant à plus d'un titre.

Son casting tout d'abord : Dussolier, Rochefort, Baye, Scott-Thomas, Berléand, Croze, Cluzet.

La direction d'acteurs ensuite. Certes, Canet n'a pas su tirer tout profit de deux monstres sacrés. Ainsi, André Dussolier est parfois en surjeu (un comble) ; quant à Jean Rochefort, il n'est pas parfaitement en ligne avec son personnage, mais plier le moustachu à ses désirs confine souvent pour le metteur en scène au travail de titan (cf. interview de Francis Veber in La saga Pignon, DVD du film Le Placard). En revanche, pour le reste de la distribution, c'est du tout bon. Mention spéciale à Nathalie Baye et surtout François Cluzet qui, pour la première fois de sa carrière, ne fait pas du François Cluzet. On est loin de ses prestations sympathiques mais régulièrement décalquées d'un film à l'autre (pour résumer le reste de sa carrière, voir l'excellent Associations de malfaiteurs de Claude Zidi). Entre les mains de Guillaume Canet, Cluzet explose.

La réalisation est du meilleur effet. Sobre et efficace, comme il se doit pour un thriller. Canet refuse le tape-à-l'oeil qu'un tel sujet aurait pu suggérer à un jeune metteur en scène désireux de se faire une place chez les grands. Au lieu de cela, une mise en image claire, parsemée de quelques effets discrets généralement bienvenus.

Mais ce qui impressionne le plus est sans le moindre doute le sens de l'adaptation dont font preuve Guillaume Canet et son co-scénariste Philippe Lefebvre.

Car le livre d'Harlan Coben est d'une complexité redoutable. Bien des auteurs français seraient tombés dans le piège du film de 3 heures sérieusement alambiqué. Canet, lui, fait simple. En deux heures, il livre un script toujours clair, ne se prend jamais les pieds dans les nombreux flashbacks (ça, c'est un signe) et présente une floppée de personnages toujours parfaitement caractérisés (ça, c'en est un autre).


Seule fausse note (c'est le cas de le dire) : la musique de M sent l'accroche marketing à plein nez. Mais surtout, à vouloir faire branchouille à tout prix, la production a engagé le musicien phénomène du moment - M au générique, c'est 300 000 spectateurs de plus assurés - sans s'être demandé si le choix était judicieux. La réponse est clairement non.

Si l'on avait pu croire que le succès d'estime de Mon idole, première réalisation de Guillaume Canet, relevait de la chance du débutant, on sait aujourd'hui qu'il n'en était rien. Au rayon Thriller français qui a quelque chose à raconter, Jacques Audiard a enfin de la concurrence.

Par un étrange phénomène de vases communicants, à la montée en puissance d'un jeune metteur en scène correspond la chute d'un vétéran du cinéma français, en l'occurrence Régis Wargnier. Celui qui nous a donné La femme de ma vie, Indochine, Est-Ouest nous livre cette année Pars vite et reviens tard.

Adapté lui aussi d'un polar signé par un écrivain à succès (Fred Vargas, autre auteur branchouille à souhait), le scénario écrit à dix mains (déjà, ça, ce n'est pas bon signe...) cumule des personnages proprement ridicules, des situations abracadabrantes, des données scientifiques erronées. Je ne parle même pas de la façon de dépeindre la Police nationale qui relève du grotesque le plus échevelé. A côté, 36, Quai des Orfèvres, c'est parole d'évangile (c'est dire...). Ajoutez à cela des dialogues à se taper le cul par terre de niaiserie, et vous avez déjà une bonne idée générale du film.

Mais ce n'est pas tout. Car côté réalisation, ce n'est guère plus reluisant. La direction d'acteurs est épouvantable (de la part de celui qui a quasiment appris à jouer à Catherine Deneuve, c'est un comble). José Garcia est mauvais, Lucas Belvaux itou, Michel Serrault (oui, Michel Serrault !) n'est pas bon. A part Olivier Gourmet, c'est un zéro pointé. Quant à la mise en scène erratique, elle porte à son comble un agacement qui nous rappelle pourquoi, parfois, on n'aime vraiment pas le cinéma français. En deux mots : un navet.

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1 Comments:

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