Chroniques trantoriennes

07 octobre 2007

Le changement de paradigme n'est pas pour demain

Il y a de cela quelques semaines, le GEMPPI, association de lutte contre les sectes sise à Marseille, publiait un communiqué de presse symptomatique des errements du landerneau anti-sectes français. Le président de l'association marseillaise, M. Didier Pachoud, y réagissait à un récent arrêt rendu par la Cour d'appel de Rouen. La juridiction venait en effet de condamner pour diffamation Mme Catherine Picard, présidente de l'UNADFI (principale association homologue). Dans une entrevue accordée à La Dépêche d'Evreux en octobre 2005, la conseillère régionale de Haute-Normandie avait en effet déclaré :
[Les Témoins de Jéhovah sont] structurés de manière pyramidale, comme tous les mouvements mafieux.

Je connais personnellement Mme Picard. Je suis très critique (et nous en avons déjà parlé ensemble) envers la loi du 12 juin 2001 sur les mouvements sectaires qu'elle a initiée et qui porte son nom. Cela ne m'empêche pas de trouver très courageuse sa décision de reprendre les rênes de l'UNADFI il y a quelques années, alors que l'association traversait une pénible période de luttes intestines qui avaient bien failli avoir raison de son existence. Mme Picard s'est retrouvé dans une situation qui ne lui a pas attiré que des amis et qui la place plus souvent qu'à son tour entre le marteau et l'enclume.

Mais ce genre de citation n'est certainement pas de nature à améliorer sa position. Il va bien falloir se décider à laisser tomber ces phrases à l'emporte-pièce qui donnent aux mouvements sectaires un boulevard judiciaire pour obtenir la condamnation de leurs détracteurs.

Cela nous conduit à l'argument de la Cour d'appel de Rouen qui a suscité le courroux du GEMPPI. Pour appuyer leur démonstration de la mauvaise foi de Mme Picard, les juges normands ont relevé que les Témoins de Jéhovah bénéficient du statut d'association cultuelle, fait que l'élue n'ignorait pas. L'association marseillaise voit dans cette décision rien moins que « la remise en cause du système de laïcité français » :
Les sectes utilisent l'octroi d'avantages fiscaux aux associations cultuelles que plusieurs de leurs structures ont reçu (sic) comme une reconnaissance officielle des institutions françaises de leurs associations comme des religions. Le pire c'est que les tribunaux interprètent eux-mêmes ces avantages octroyés comme une reconnaissance officielle des témoins de Jéhovah comme religion.

Il s'agirait d'être précis dans les termes employés. En effet, si une association d'information sur les sectes ne l'est pas, qui le sera ? La Miviludes (1) ? Non, je plaisante...

Les associations cultuelles ne sont pas des religions. La religion est une idée, un concept partagé par une communauté. La liberté de religion est un aspect de la liberté absolue de pensée.

L'église est pour sa part une assemblée de personnes qui se réunissent pour exprimer leur foi religieuse et ce, sous la forme d'un culte. La liberté de pratiquer ce culte est une composante de la liberté d'expression.

Quant à l'association cultuelle, il s'agit d'un groupe de personnes qui s'assemblent dans le but exclusif de subvenir à l'entretien d'un culte et ainsi de permettre aux fidèles de pratiquer ce culte.

En conséquence, relever qu'une organisation dispose du statut d'association cultuelle ne revient pas à conférer à ce groupe le statut de religion. Et pour cause : un tel statut n'existe pas en droit français. Les associations d'information sur les sectes feraient mieux d'intégrer sérieusement ce point dans leur stratégie de communication, plutôt que de pousser des cris d'orfraie dès qu'un juge prononce « association cultuelle ». Ainsi, selon le président du GEMPPI, la jurispruence initiée par la cour rouennaise :
...risque fort d'amener la France à concéder ces avantages à tous les groupes se constituant en association loi 1905 au nom de l'égalité de traitement, relativement à nos lois et avoir gain de cause, en cas de résistance des autorités françaises, devant les tribunaux européens. C'est une brèche que les sectes ne manqueront pas d'exploiter. (...) De plus, si l'Etat français "ne reconnaît et ne subventionne aucun culte", ces avantages fiscaux concédés aux uns, par rapport à d'autres qui ne les ont pas, peuvent être compris comme une forme de reconnaissance.

Le GEMPPI estime donc que l'État, en n'accordant des avantages fiscaux qu'à certains groupes, érige une discrimination entre les associations cultuelles et les autres associations. Une nouvelle fois, on constate l'incompréhension totale de la notion d'association cultuelle dans l'Hexagone, de la part d'une organisation qui devrait la connaître sur le bout des doigts.

Ainsi, en vertu du régime déclaratif qui préside à la création d'une association-loi 1901 en France (2), l'association est officiellement créée dès le depôt de ses statuts en (sous-)préfecture, pourvu que son objet déclaré ne soit pas illicite. Il en va de même pour les associations-loi 1905, qui sont des associations-loi 1901 un peu particulières. Ainsi, l'association cultuelle est créée dès le dépôt de ses statuts en (sous-)préfecture. A la condition que son objet déclaré consiste exclusivement en la pratique et/ou l'entretien d'un culte et que ces statuts mentionnent un nombre déterminé de membres fondateurs (3).

Dès lors, à peu près n'importe qui peut créer une association cultuelle et se prévaloir légalement de cette appellation tout-à-fait officielle. Par conséquent, n'importe quelle association cultuelle est éligible à demander une autorisation pour recevoir des dons et legs. Il lui suffit d'en faire la demande en préfecture. Et si l'enquête administrative établit que cette association :
  • a effectivement pour objet exclusif la pratique et/ou l'entretien d'un culte,
  • ne trouble pas l'ordre public,
elle peut obtenir le versement de ces dons et legs. C'est aussi bête que cela !

Le droit protège les sectes ? Si leurs détracteurs institutionnels s'intéressaient un minimum à la question, ils s'apercevraient que ce même droit s'applique à tous. Les Témoins de Jéhovah ont le droit de recevoir des dons et legs ? Qu'à cela ne tienne : votre Association cultuelle du Conseil des Jedi pour la Maîtrise de la Force, association-loi 1905, peut elle aussi s'en prévaloir ! Il suffit d'écrire un courrier à la préfecture... Alors, de grâce, arrêtons de verser dans le sensationnalisme et la théorie du complot.

Mais le président du GEMPPI va encore plus loin : il réclame que les avantages fiscaux octroyés dans le cadre de la loi de 1905 ne le soient qu'aux associations « qui l' (sic) obtinrent au départ ». En fait, ce qu'il veut dire sans oser l'écrire explicitement, c'est qu'il faudrait limiter l'application de la loi de 1905 aux associations cultuelles catholiques, voire protestantes. Autrement dit, lorsqu'elle s'applique aux sectes, la loi de 1905 rompt l'égalité républicaine. Mais pas quand elle ne s'applique qu'aux groupements chrétiens ! Bref, sans bien s'en rendre compte, M. Pachoud demande rien moins que l'abrogation de la loi de 1905. Mais ce faisant, on couperait les vivres aux institutions catholiques et protestantes. L'idée est alléchante, mais je ne pense pas qu'elle soit du goût de M. Pachoud. Dommage...

Le président du GEMPPI s'en prend ensuite à la notion de trouble à l'ordre public qui « est si floue qu'elle est difficilement exploitable ». Il souhaite que le concept soit clairement défini... sans pour autant se perdre dans les détails. L'idée est étonnante et elle mériterait à n'en point douter quelques explications.

En premier lieu, comment M. Pachoud entend-il préciser une notion sans la détailler ? Ensuite, s'il est vrai que le trouble à l'ordre public est une notion juridique à géométrie variable, il n'en demeure pas moins que tous les juristes s'accordent sur un point : le trouble à l'ordre public, c'est a minima la commission d'une infraction pénale.

Alors, M. Pachoud, au lieu de brailler "La loi est mal faite ! La loi est mal faite !", vous seriez mieux inspiré de chercher à la connaître et d'orienter votre action associative en conséquence. Quel trouble à l'ordre public peut-on reprocher aux Témoins de Jéhovah ?

  • De faire du porte-à-porte insistant ? Non.
  • De vendre des revues niaises aux illustrations qui semblent sorties d'un magazine des années 30 ? Non.
  • De ne pas porter à la connaissance des autorités des agressions sexuelles sur mineur ? Il y a là matière à s'interroger car la non-dénonciation de crime ou de mauvais traitements à enfant est un délit (articles 434-1 et 434-3 du Code pénal).
  • De faire pression sur un adepte hospitalisé nécessitant des transfusions sanguines pour qu'il refuse ce traitement, au risque d'en mourir ? N'y aurait-il pas là provocation au suicide (articles 223-13 et suivants du Code pénal) ?
Ne serait-il pas plus intéressant de faire réaliser des études juridiques, par des universitaires ou des praticiens du droit, afin de déterminer si oui ou non, les Témoins de Jéhovah troublent l'ordre public de cette façon ?

On a beaucoup critiqué Jean-Louis Langlais alors qu'il était président de la MIVILUDES, en soulignant son inaction sur le terrain. À raison. Mais ce que l'on ignore, c'est que ce haut-fonctionnaire était arrivé à la tête de la mission avec une foule d'idées proprement révolutionnaires, si on les compare à celles consternantes de son prédécesseur, le Monsieur-je-sais-tout-sur-les-sectes, j'ai nommé l'autocrate Alain Vivien. M. Langlais avait notamment la volonté de créer des liens privilégiés avec les facultés et de proposer des bourses d'études pour la réalisation de travaux universitaires sur le phénomène sectaire. Mais après s'être fait remonter les bretelles par Matignon (« Jean-Louis, t'es là seulement pour calmer le jeu ! »), les seuls liens que lui et la MIVILUDES allaient entretenir avec le milieu universitaire se limiteraient à faire intervenir des sociologues et historiens prosectaires patentés - enseignant dans deux écoles dites de Hautes Études - dans un séminaire officiel portant l'estampille "approuvé par le gouvernement français"(4). Bravo pour la bourde !

L'idée originelle de Jean-Louis Langlais demeure d'actualité et elle constitue à mon sens le seul moyen de se sortir des vieilles ornières institutionnelles qui consistent à parler des sectes par généralités entendues mille fois et susceptibles de condamnation pour diffamation. Malheureusement, ni la MIVILUDES, ni l'UNADFI et consorts ne semblent disposer à changer de paradigme.

Entre les Haro sur les sectes lancés tous azimuts par les associations, d'une part, et les Tout va très bien, Madame la Marquise des sociologues aveugles, sourds et malheureusement pas muets de l'Ecole pratique des hautes études d'autre part, il existe une troisième voie.

Les sectes nocives sont une réalité. Mais arrêtons de le hurler. Prouvons-le.
______________________________________________________

(1) Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

(2) A l'exception des trois départements d'Alsace-Moselle.

(3) Ce nombre est fonction de la population de la commune dans laquelle l'association cultuelle établit son siège.

(4) Séminaire Sectes & laïcité, MIVILUDES & Ministère de la Recherche, 2003-2004.

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6 Comments:

  • Bon ok ok pour passer les sectes et ses représentants au couperet de la justice, comme n'importe quel autre auteur d'actes répréhensibles. Certes, la méthode est efficace, pour peu qu'elle soit suivie. Tu m'en avais déjà convaincu dans le passé. Mais avec le temps, je finis par penser qu'elle n'est pas suffisante. A la sanction judiciaire il faut pouvoir ajouter une définition du phénomène et ce pour l'effet préventif qui en découle.
    On peut définir sans recours au droit ce qu'est une organisation mafieuse et on peut la distinguer, au moins intuitivement, d'un syndicat, d'un parti politique ou d'une association à but non lucratif. Il suffit d'examiner son "objet" : drogue, prostitution etc... Quitte ensuite à le qualifier selon les critères du droit. Mais le simple fait de pouvoir qualifier de mafieuse telle organisation suffit à en détourner bon nombre de victimes potentielles.
    On en revient donc à ce que tu penses indéfinissable, la fameuse notion de secte. Pourquoi ne pourrait-on pas la définir ? Parce qu'elle recouvrerait immanquablement d'autres types d'organisations non sectaires ? Je n'en suis pas sûr. Intuitivement, nous sommes tous (ou du moins la majorité d'entre nous) capables de faire la différence entre une organisation politique conventionnelle et une secte. Nous sommes aussi capables de reconnaître une dérive sectaire dans un parti politique conventionnel. Il s'agit peut-être d'un processus cognitif encore obscur, mais il ne fait aucun doute que nous sommes pourvus de cette aptitude. Reste à trouver les critères ou la méthode qui traduisent le mieux cette intuition. La méthode, c’est par exemple la liste des sectes dressée par les rapports parlementaires, à partir d’ailleurs, de critères.
    Cette définition de la secte ne serait pas utile pour lutter contre les grandes enseignes, les organisations très structurées dont la « marque » suffit à les caractériser. Par contre, elle serait très utile pour lutter contre des doctrines dangereuses, véhiculées lors de réunions informelles ou ayant un objet autre. Exemple : c’est en choisissant ses tomates sur un marché bio parisien que l’on apprend que son cancer de la gorge est du au stress provoqué par la décapitation d’un ancêtre lors de la révolution. Et c’est en payant les tomates que l’on comprend qu’en prenant conscience de l’origine de ce cancer que l’on va pouvoir guérir, avec ou sans traitements.
    En résumé, la sanction judiciaire est efficace pour lutter contre les sectes, mais elle est insuffisante. Elle doit être accompagnée d’une définition de ce que peut être une secte ou une doctrine sectaire surtout quand cette doctrine est diffusée en dehors de toute organisation véritablement structurée.

    By Anonymous Anonyme, at 6:54 PM  

  • Salut à toi, le bolobolosophe.

    En fait, concernant cette définition de la secte, je crois qu'on ne s'est pas bien compris. Je ne dis pas qu'il ne faut pas définir la secte en dehors de la loi. Au contraire,il faut savoir de quoi on parle quand on utilise le terme.

    Simplement, la définition de la secte dans le dictionnaire me suffit. Après, il faut savoir si une secte est ou non nocive, pour déterminer si elle doit ou non être poursuivie en justice, voire considérée avec une certaine appréhension par le public. C'est pour cette raison que, dans ma thèse, je donne de la secte nocive une définition juridique mais pas légale. La nuance est importante. Je définis la secte novice en recourant à des notions de droit criminel, car il s'agit des concepts les plus restricitfs qui soient. Ça ne veut pas dire que seuls les juristes peuvent l'utiliser. Au contraire, elle permet aux non juristes de savoir qu'il existe des concepts sur lesquels on peut se fonder pour parler objectivement de sectes nocives.

    En ce qui concerne les communautés informelles qui véhiculent une pensée magique inquiétante, tu sembles vouloir les ériger en sectes. Alors là, attention ! En fait, ce n'est pas un problème de groupements, mais d'idéologies.

    Personnellement, entre l'astrologie, qui nous explique que des astres situés à des milliards d'années-lumière peuvent nous pousser à nous lever du pied gauche, et le catholicisme, qui nous enseigne qu'on peut multiplier les pains et les poissons, j'ai bien du mal à dire laquelle des deux idées est la plus conne.

    Il existe des idéologies dangereuses même si elles ne sont pas mises en application. Seulement voilà, l'idéologie, c'est une idée, une pensée, et on ne peut pas empêcher les gens de penser. Tout ce qu'on peut faire c'est les punir dès que la pensée franchit la dure-mère et que ces personnes se mettent en plus à frapper un individu ou à hurler "sale juif". Ça, c'est réprimé. Et c'est très bien.

    Mais quelqu'un qui, au marché, te dit que ton cancer de la gorge est dû à la longueur d'onde émise par le reflet de la lumière de Sirius sur la peau des tomates, tu peux certes dire que c'est un con. Mais ce n'est pas interdit.

    Et lorsque la personne te dit la même chose dans un contexte adapté, en utilisant de trucs de psychologie et en jouant sur des cordes sensibles qu'elle a décodées plus tôt dans la conversation, en te conduisant à abandonner ta chimiothérapie, il y a là clairement un problème.

    Si la personne te demande alors de lui refiler du fric pour te faire suivre son super-programme miracle anti-cancer, là, il y a escroquerie.

    Mais si elle ne te demande pas d'argent ? Si elle cherche juste à te faire abandonner la chimio, on fait quoi ? Si la loi du 12 juin 2001 était applicable (et appliquée), elle pourrait être une solution. Mais pour l'heure, cette loi ne sert à rien. Que faire alors ?

    C'est là qu'entre en jeu le journaliste scientifique, qui peut écraser les prétentions ridicules d'un gourou. Mais cela reste du domaine de la liberté d'expression. Les deux peuvent continuer à s'exprimer sur un pied d'égalité. Qui a raison objectivement ? Le raélien qui prétend que son groupe a cloné des enfants ou le spécialiste de la génétique qui dit que c'est du pipeau ? On ne peut pas, dans un article de vulgarisation, expliquer TOUT ce qui est nécessaire pour comprendre les fondements de la génétique et qui prouve de A à Z que les raéliens sont dans l'erreur. Le journaliste scientifique doit postuler des pré-requis. C'est la faiblesse de son travail. Il y aura toujours un connard pour rétorquer : « comment pouvez-vous dire que la lumière voyage à 300 000 km/s ? Vous l'avez prouvé ? Non ? Alors, comment osez-vous vous ériger en détenteur de la vérité ?». De fait, s'il estime pour sa part que c'est 1000 km/s, parce que c'est ce que prétend son gourou, qui était « docteur en physique nucléaire à Harvard», le journaliste scientifique n'est pas sorti de l'auberge.

    L'intérêt de passer par le droit est que lorsqu'une organisation a été condamnée pour escroquerie, c'est un fait objectif. Rappeler une telle condamnation, c'est comme repasser au surligneur la mention : cette organisation spirituelle raconte des conneries.

    Si tu veux créer une définition objective de la secte pour prévenir les gens de la dangerosité du mouvement, accroche-toi bien à ton fauteuil, parce que tu vas te retrouver harcelé par une douzaine d'universitaires sociologues et historiens des religions qui vont se faire une joie de te rappeler que tu n'as pas les compétences universitaires ni la méthodologie scientifique (!) pour faire cela. Et ton objectivité, ta belle définition de la secte compréhensible et applicable par le vulgum pecus, ils vont te la torpiller.

    As-tu suivi les échanges que j'ai eus sur ce blogue avec Pascal Bonvin (dit le sodomite de diptères) ? C'est tout simplement édifiant de mauvaise foi, mais c'est très exactement ce qui se passerait.

    Et bizarrement, quand la justice est passée par là et a condamné un mouvement pour escroquerie, fraude ou homicide involontaire, tout ce joli monde pro-sectaire la ferme.

    Enfin, je peux t'assurer que quand tu dis « Scientologie», il y a encore pas mal de monde aujourd'hui qui ne sait pas de quoi on parle. C'est encore pire avec les Témoins de Jéhovah ou l'Église raélienne. Alors, le concept de la " grande enseigne de secte ", je n'y crois pas beaucoup.

    By Blogger daneel, at 9:56 PM  

  • En passant par là, figurez vous que je suis tombé sur une thèse qui devrait vous passionner :

    sur les politiques publiques en matière de secte

    @plus
    Xavier Martin-Dupont

    By Blogger Unknown, at 10:54 PM  

  • Qui vous a dit que le mouvement raëlien était une "église"? Raël lui-même n'a jamais utilisé ce vocable, et pour cause, les raëliens se veulent anti-religieux!Je vois que nous avons affaire à un spécialiste ès sectes... Ah oui, vous ne détestez rien de plus que les travaux des sociologues de la religion, raison pour laquelle les catégories église, secte, dénomination vous échappent quelque peu. C'est bien dommage.

    By Anonymous Anonyme, at 4:57 AM  

  • Cher lecteur qui m'insulte en se baptisant "Anonyme" (Quel courage ! Quelle classe ! Quelle maturité !)

    Je tenais à vous signaler qu'une recherche internet sous Google avec les mots-clés "église raélienne" vous aurait éviter d'écrire trois âneries en trois lignes.

    1- Église raélienne est une appellation officielle de groupements raéliens

    Vous avez superbement confondu les concepts de religion (Mouvement raélien) et d'église (églises raéliennes).

    Je vous signale en effet que Eglise raélienne est l'appellation de plusieurs organisations raéliennes dans le monde. Avant son auto-dissolution en France, les raéliens français étaient affiliés à une association-loi 1901 intitulée "Église raélienne". L'appellation demeure notamment au Canada. Ainsi, vous trouverez au lien suivant un jugement canadien opposant un journaliste à l'"Église raélienne" et Claude Vorilhon.

    http://www.math.mcgill.ca/triples/infocult/Gratton.pdf

    2- Les raéliens se disent religieux

    Vous consulterez avec intérêt cet autre jugement canadien datant de 2006
    (http://www.justice.gouv.qc.ca/FRANCAIS/echos/pdf/500-17-027523-052.pdf)
    dans lequel les raéliens déclaraient :

    Il est dans l'intérêt des demandeurs que l'Église Raëlienne soit reconnue comme religion au sens de l'article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne et d'obtenir la cessation de toute violation de leurs droits fondamentaux quant à leur droit à la dignité humaine, leur vie privée, leur liberté d'association et leur croyance religieuse;

    Et vous ne manquerez pas non plus de lire le livre du raélien Hubert Sauner, Parti pris pour les sectes en général et sur le Raëlisme en particulier à l'URL suivante:
    http://babaltazar.free.fr/
    et plus particuliérement les chapitres intitulés La religion raëlienne et La foi raëlienne.

    3- les sociologues des religions

    Apparemment, vous ne savez pas mieux lire les écrits des sociologues des religions consacrés aux raéliens. Allez, je suis bon prince, je vous donne quelques références qui parle d'Église raélienne et de religion raélienne :

    - http://www.religiologiques.uqam.ca/22/cherblanc.pdf
    - Susan Palmer, AIDS As an Apocalyptic Metaphor in North America, University of Toronto Press, 1997
    - Susan Palmer, Aliens adored : Rael's UFO Religion, Rutgers University Press, 2004

    Quant à ma soi-disant ignorance des concepts de religion et de secte, vous auriez mieux fait de vous renseigner un peu sur mon compte avant d'écrire :
    http://www.antisectes.net/these-droit.htm

    Hey, le spécialiste autoproclamé donneur de leçons mais surtout anonyme , si vous avez encore d'autres conneries à m'adresser, surtout, n'hésitez pas, je me ferai une joie de vous replonger la tête dans le sable.

    By Blogger daneel, at 8:59 AM  

  • @Contact : intéressant, en effet : sur 183 pages, seules deux abordent, et encore, du bout des ongles, la question de l'islam.

    Extrait N°1 : « Si les membres de la Mission affirment s’intéresser à tous les groupes, sans tabous, « que telle ou telle association [soit] cultuelle, reconnue par une fédération, protestante ou évangélique, reconnue par le Consistoire ou contestée par le Consistoire, ou bien reconnue par l'Eglise de France, tel évêque ou même par le Vatican », ils reconnaissent cependant que certains objets sont piégés et évacués. Ainsi, la question du sectarisme de certaines branches de l’Islam est délaissée, ce que déplore Didier Leschi, considérant que « ces dérives liées à l’Islam, cette attention, nous voudrions la faire partager à la fois par MIVILUDES et par les associations de défense des victimes, or force est de constater que ce segment des dérives sectaires suscite peu l’attention, manifestement, les familles de ces jeunes n’intéressent pas, pas plus que les victimes ».

    Anne Fournier, admet que le dossier de l’Islam est peu traité : « l'Islam n'est pas un sujet pour la MIVILUDES ».

    Conclusion : Tout est dit ! La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires a d'autres chats - politiquement plus corrects - à fouetter.
    -----------------------------------
    Extrait N°2 : «Toutefois, d’après la chargée de mission, cela s’explique par le fait que « le risque premier (…) des groupes se réclamant de l'Islam en France et se comportant comme des groupes sectaires (…) c'est qu'ils se comportent comme des groupes terroristes ». Aussi, les branches sectaires de l’Islam seraient du ressort non pas d’une Mission interministérielle dont l’objet est restreint à la coordination des forces ministérielles et à la prévention contre le sectarisme, mais aux « forces strictement répressives » et aux cellules « de renseignement et d'investigation ».

    Je ne veux certainement pas minimiser l'importance qu'il y a à lutter contre des sectes comem les témoins de Jéhova, les scientologues, les raéliens soucoupistes et autres sectes plus ou moins nocives. Mais de là à se focaliser uniquement là-dessus, et à faire l'impasse sur la plus énorme et la plus malfaisante de toutes les sectes de par le monde, au motif que « le risque premier (…) des groupes se réclamant de l'Islam en France et se comportant comme des groupes sectaires (…) c'est qu'ils se comportent comme des groupes terroristes », c'est attérant !

    Notons, par ailleurs, que ces groupes ne figurent même pas - PAF (Politique Arabe de la France) oblige - sur la liste des sectes.

    (A)Moralité : tant qu'ils ne posent pas de bombes, laissons ces groupes tranquillement développer leur activité sectaire et leur travail d'islamisation de la France.

    By Blogger Élisa Naibed, at 10:35 AM  

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